Association Sportive Musulmane Oran

Mohamed Redouane GUEMRI

Mohamed Redouane GUEMRI (ex attaquant ASMO et Equipe Nationale 70 et 80)

 

« LE PRIX EXCELLENCE DE LA LOYAUTE ET  DE LA FIDELITE »

 

Par Mohamed BENZAOUI

S’il existait un prix récompensant le joueur le plus loyal et fidèle on n’hésiterait pas une seconde avant de le décerner à Mohamed Redouane GUEMRI. Vingt ans de fidélité a un seul et même club est un fait rare pour ne pas être mentionné.

De plus ce garçon peu expansif, réservé,  nullement adepte de la langue de bois n’en est pas pour autant acerbe ou aigri. Loin s’en faut. Il fait partie de ceux qui ont l’honnêteté et le mérite  de reconnaitre que le football leur a permis de  s’exprimer de se faire une situation un nom et de connaitre la gloire.

Sans protocole sans chercher à se faire désirer il a accepté avec son extraordinaire  courtoisie de me consacrer de son temps pour refaire avec lui le monde.

C’est un euphémisme de dire que Redouane est un modèle de gentillesse d’éducation et de spontanéité.

Sur le terrain sa virtuosité  en a fait la  cible des défenseurs et malgré les traitements douloureux qu’il subissait cela ne l empêchait pas d être le premier à aller saluer ses adversaires ou la galerie.

 

Les débuts au Najah et Sonatrach

 

 

Mohamed Redouane GUEMRI fait partie d’une famille où l’on a toujours aimé et pratiqué le football. Qu’il s’agisse de son père Hadj BELKHEIR de KACEM son frère ou de son fils tous ont évolué avec plus ou moins de réussite ou de bonheur avec un club.

Le plus connu des masses et le plus célèbre de tous restera cependant Redouane.  Enfant  de la ville nouvelle où il est né en 1953  le 8 janvier il signera sa première licence au Najah AC en 1969 alors qu’il était cadet à l’instigation de KESSAISSI Kaddour l’entraineur et de MOUFFOK Boumediène le secrétaire  général du club.

Il fut rapidement incorporé en équipe séniors  et bénéficia du soutien et des conseils des anciens comme BELKHIRA Kadri, SERRADJ Hamid, BOUMAHRAT, FATAH, Mustapha MADANI (Babalou)……………. .Remarqué par les dirigeants du CSSontarach Oran il n’hésitera pas à rejoindre ce club nouvellement créé à la suite de la réforme de 1970 qui présentait les allures d’une sélection et qui disposait de moyens et des structures énormes.

«  On évoluait en véritable professionnel et ce a tous les échelons ». On était bien logé et  on mangeait dans des restaurants huppés. Le club nous choyait et c’est pour ces raisons que beaucoup de joueurs l’on rejoint. J’ai eu la chance d’évoluer avec les vedettes de l’époque comme HAMIDA Karim Meghdir ABDELKRIM, OUADI Mohamed (Negri) DEHIM, MUSTAPHA Madani, HASNI, CHAIB, RAIS  ALI  Omar. De surcroit on possédait en Kaddour BEKHLOUFI  de NEDAR Lazreg (Zrégo) et Hadj DOULA d’éducateurs  et de dirigeants de valeur. On aurait pu accéder en division nationale en 1972 à la place du GCM. Il ne nous a pas manqué beaucoup. »

 

Un pacte de cœur avec l’ASMOran

En 1973 il opta pour l’ASMOran dont les dirigeants etaient tombés sous le charme de cet attaquant dans la tradition des grands ailiers. Vitesse de pointe extraordinaire dribles déroutants  crochets et centres en retrait meurtriers Redouane faisait des merveilles sur le flanc droit de son équipe.

L’ASMOran était à ses yeux une famille avec des dirigeants dévoués intègres et désintéressés. Il garde un très bon souvenir de Hadj MADOUI. Avec ses coéquipiers les frères BENMOKHTAR, TASFAOUT, ZINE HANNACHE, BELKHATER, BOUHIZEB, ils formaient une vraie  bande de copains.

Les résultats ne suivirent pas hélas et l’équipe joua à l’ascenseur durant quatre saisons.

En 1977 avec la reforme sportive les données allaient changer pour le club de la «  Ville Nouvelle ». Intégré à la  SNIC  la désormais ASCOran allait bénéficier du renfort d’une dizaine de joueurs de talent : KEBIR, EMTIR, BENARMAS, ARBAOUI, BENSLIMANE, BENOUADDANE, SALHI, TAYEBI qui allaient  donner une assise au club et lui permettre de se lancer dans la formation grâce au travail des ZAVIDONOV, BAKHLOUFI et BELAYACHI entre autres. Chaque saison verra l’éclosion de nouveaux joueurs. BENMILOUD, FADEL, KECHAMLI, CHALABI, BELKHATOUAT, TLEMCANI, OUADDAH, MEBARKI, BELHADJ, OUDAD, BERKANE, LEFDJAH,  BELKHIRA, MEGUENNI etc.………autant de joueurs qui émerveilleront les foules.

Avec la génération dorée du football algérien

Mais Redouane restait le joueur emblématique de l’ASCO et le plus adulé. Il fera partie de l’équipe nationale de 1978 à 1983  après avoir connu les sélections espoirs et connaitra avec la génération dorée du football algérien les plus grandes  joies et émotions en compagnie  des DAHLEB, GAMOUH, MERZEKANE,  MADJER,BENSAOULA ,etc.…. 

Médaillé aux jeux africains de 1978 avec les BELKEDROUCI, HADEFI BENCHEIKH, CERBAH, HORR, SAFSAFI et BETROUNI,  meilleur buteur du championnat en 1979 avec BELLOUMI il connaitra son jour de gloire  à Casablanca lorsque les verts terrassèrent el MAROC par 5 buts à 1. Il jouera plusieurs matchs éliminatoires de Coupe Du Monde et la Coupe des Nations en 1980. Il ne sera pas du voyage d GIJON mais n’en garde aucune amertume car il ne s'agit pas pour lui de contester le choix des sélectionneurs.

« On a jugé que je ne pouvais faire partie des 22 .Il faut accepter la concurrence  et savoir attendre son heure,  être disponible,  car j’estime que le devoir national ne se marchande pas,» dit –il.

Sa notoriété ne lui fera pas prendre la grosse tête et contrairement à beaucoup il ne sera jamais tenté par les offres des grosses cylindrées.

« Je ne pouvais pas et ne voulais pas quitter ce club qui était ma vie, ma seconde famille. Les supporters m’aimaient trop et j’adorais mon quartier ou je me trouvais mieux que nulle part ailleurs.  J’y avais mes amis mes repères. »  Estime –il.

 

La finale de 1983 ! Quel souvenir !

 

« On dit que seule la victoire est belle ! Pourtant il en est des défaites qui peuvent vous grandir. Cela a été le  cas de l’ASMO en 1983 lors de la finale de la Coupe d’Algérie face au MCA qui a été considérée comme la plus belle de tous les temps. Ce jour la une bande de gamins encadrés par quelques vieux briscards allaient  donner un somptueux récital  de football académique  à un public qui n’en croyait pas  ses yeux .Ecoutons Redouane  à ce propos :

« Cette finale, elle nous a tendu les bras. Cette coupe voulait s’offrir à nous ! Est-ce nous qui n’avons pas  su la charmer ??? Ce n’est qu’après coup que l’on a réalisé ce que l on venait de faire : tenir tête au Mouloudia  d’Alger et l’emmener aux prolongations  devant prés de 70.000 spectateurs entièrement acquis à sa cause alors que nous possédions une équipe jeune et inexpérimentée était un exploit. De plus nous avons été réduits a  dix .C’est lorsque l’on a vu la «  standing ovation »  qui nous a été réservée et les éloges des gens et de la presse durant des semaines que l’on a pris conscience que l’on pouvait être fiers de ce que l’on avait accompli. On a fait souffrir cette machine malgré les BENCHEIKH, MAHIOUZ, AIT MOUHOUB, BELLEMOU, BOUICHE…..

Ca restera pour moi un merveilleux souvenir et un des moments forts de ma carrière. 

Mais cette finale qui  a révélé au grand public de talentueux joueurs allait nous desservir quelque peu car le pillage du club par des recruteurs de tous bords allait lentement miner le club. On ne nous a pas laissé la possibilité de récolter le fruit de notre labeur.

J’ai arrêté ma carrière en 1988 et je suis passé de l’autre cote de la barrière en secondant MIRKA l’entraineur en chef puis ce fut mon tour de diriger la barre en compagnie de KESSAIRI jusqu’ ‘en 1991. Cette année encore on a raté le titre d’un cheveu face au MOC à Constantine même.

Je suis un homme heureux

J ‘ai décroché ensuite et comme je suis cadre du MJS j’ai intégré la DTR de la LOFA avec mon ami AMARA Karim. On s’occupe de la prospection. C’est passionnant et sain. »

Je ne vais plus au stade et même si je garde le contact avec mes anciens coéquipiers il faut que vous sachiez que ce n’es pas  mon genre de participer a des assemblées qui ressemblent à des bagarres de rues. Le football de nos jours est entre les mains de personnes qui n’ont rien à y voir. Trop d’argent  est dépensé de façon scandaleuse. La formation est délaissée au profit du seul résultat immédiat et les résultats positifs de l’Equipe Nationale occultent le marasme dans lequel patauge notre sport. Il y a l’Equipe Nationale et puis derrière c’est le vide absolu. On oublie que nos équipes de jeunes etaient très performantes au niveau mondial. »

J’ai passé quinze années de ma vie sous le maillot de l’ASMO et je suis fier d’avoir été loyal et fidèle à mon club de cœur. Quand je vois comment les gens m’abordent dans la rue le respect que me vouent jeunes et moins et moins jeunes et la popularité qui est la mienne dans mon quartier je me sens comblé. Je suis un homme heureux. Je ne roule pas sur l’or mais grâce  a Dieu j’ai une situation convenable un toit une famille. Et puis grâce au football j’ai eu le bonheur de connaitre des gens merveilleux des entraineurs des dirigeants de grande valeur. On ne peut pas  oublier Hadj MADOUI (Fruit de l’Aurès)  Hadj HARRAG, ZOUBA KHALEF, MEKHLOUFI MAAZOUZA ……… Le football est ingrat certes mais au moins il nous donne la possibilité de connaitre la notoriété. Il faut savoir saisir ces opportunités. Une carrière est courte et il faut profiter de ces moments au maximum. C’est le conseil que je donnerai aux jeunes générations.  »

On n’a pas  senti le temps passer  avec Redouane. On ne se lasse pas avec ce garçon simple, attachant, d’une grande humilité qui s’excusa poliment de ne pouvoir prolonger la discussion avec nous car sa maman s’impatientait de voir son fils qui ne rate jamais la visite quotidienne au domicile de ses parents.

Un footballeur modèle oui mais un fils modèle aussi !!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



25/05/2011
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